Mercredi 22 février 2012
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10:53
Ecrire à mon amant. Préparer mon mail. Lui dire tout ce que je ressens. Ecrire un long
texte en espérant qu’il restera concentré sur toute sa lecture
Essayer d’être sincère et vraie. Ne pas laisser les mots me trahir. Ressentir, détailler, expliquer, me relire, corriger. M’assurer
que je serai comprise.
Enregistrer le message en brouillon. Attendre le lendemain pour le relire avec un peu de recul. Attendre avant de l’envoyer.
Et, le lendemain, lui envoyer juste un sms : « J’espère que l’on pourra se voir à la rentrée. Plein de bisous. »
Par anne veillac
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Dimanche 19 février 2012
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10:27
Trouver mon style. Phrases longues ? Phrases courtes ? Ponctuation insistante ou seulement nécessaire ? Beaucoup de
verbes ou le moins possibles ? Des phrases construites ou réduites à leur simple expression ? Prose ou poésie ? Fragments ou textes
plus longs ?
Et pourquoi me faudrait-il choisir ? Je peux lire des choses si différentes. J’aime passer d’un style à un autre. Ce que je
m’autorise comme lecteur, pourquoi ne me l’autoriserais-je pas lorsque j’écris ?
Par anne veillac
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Dimanche 10 juillet 2011
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10:28
« Oui, on lit par protestation contre la vie. La vie est très mal faite. On y rencontre sans arrêt des gens inutiles.
Elle est pleine de redites. Ses paysages sont interminables. Si elle se présentait chez un éditeur, la vie serait refusée. » Charles Dantzig
Voilà sur quoi je suis tombée en lisant. Ces mots m’ont amusée, j’ai eu envie d’en faire profiter d’autres personnes et je les ai
notés.
Un peu plus tard, j’ai pris le train. Un train de banlieue. Un trajet que je connais par cœur. Le quasi quotidien. La
routine.
On est passés sur un pont, au-dessus de la Seine. Un peu plus loin, il y avait les tours de la Défense. Il était tard en cette
soirée d’été. La nuit s’approchait. Je me suis dit que j’aimais toujours autant cette vue, qu’elle était familière et qu’elle avait en même temps quelque chose de différent à chaque fois. Un
autre ciel. Une autre lumière.
J’étais dans ce train de banlieue et j’ai regardé les gens autour de moi. Le soleil qui disparaissait donnait aux visages un
aspect particulier, une sorte de grâce, un détachement. Je me suis dit que l’on pourrait écrire un roman avec les vies de toutes ces personnes. Aucune ne devait ressembler à celle de son voisin.
Et ce mélange pourrait faire un ensemble plus qu’intéressant.
La vie serait refusée ?
Par anne veillac
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Vendredi 1 juillet 2011
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02:52
C'est Renée qui me l'a fait remarquer : ma photo de gâteaux n'avait rien à voir avec mon article "irréel". Alors j'ai fait des
petits changements. La devanture de la pâtisserie est allée avec l'article "Amoureuse". De toute façon, c'étaient des gâteaux de la saint Valentin...
Beaucoup de photos n'ont rien à voir avec mes articles. C'est pour mettre un peu de couleur. Je pioche parmi mes images jpeg,
mais je n'ai pas toujours ce qu'il faut en magasin.
Par anne veillac
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Vendredi 24 juin 2011
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22:27
Je suis sur le quai de la gare. J’attends le train de 38.
Je pense au livre que je lis en ce moment. Je pense au texte que j’écris. Lire… Ecrire…
Est-ce que je vis dans un monde irréel ? Dans un monde virtuel ?
Et puis, je me rassure, toute seule… Non… non… je suis un être humain, et de quoi sommes-nous faits, nous les humains, sinon de mots ? Quand je lis ou quand j’écris, je ne ressens pas l’irréalité. Je suis dans mon livre, dans mon texte, je suis dedans, à l’intérieur même, et tout a du sens. Je
suis dans l’action : lire, écrire.
Par anne veillac
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