J’ai déjà écrit jusqu’à l’écœurement.
A un moment donné, il a fallu que je m’arrête. C’était absolument nécessaire.
Je suis allée dans le salon et j’ai allumé la télévision. Je me suis arrêtée sur une chaîne d’info. Pas de
fiction. Surtout pas. J’avais l’impression de reprendre pied avec la réalité.
Par anne veillac
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J’ai commencé un roman. J’ai écrit le premier chapitre et je me suis arrêtée. Je ne suis pas satisfaite. Je trouve ce texte laborieux. Mais je ne sais pas ce qui
est vraiment laborieux. Le texte en lui-même (les mots, la narration, l’avancée de l’histoire) ? Ou est-ce seulement que j’ai eu du mal à l’écrire ? Je n’arrive pas à me scinder en
deux : celle qui écrit et celle qui lit.
Par anne veillac
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Un matin de vacances, pluvieux.
On avait parlé d’emmener notre fils à Thoiry mais, avec le temps qu’il fait, on reporte au
lendemain.
Je sors. Je vais faire des courses, acheter des chaussettes au Monoprix, trouver du fil à la mercerie, chercher un
recommandé à la poste. Rien qui m’amuse. Il y a toujours des choses obligatoires et embêtantes dans une journée. Le ciel est gris, la ville déserte.
Je me dis que je serais mieux chez moi, devant mon Apple. Les
touches se laissent caresser. L’écran est doux. J’ai envie d’y travailler mes textes.
Je suis bien avec mes mots.
Par anne veillac
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Pathétique.
C’est un mot de ma mère. Elle trouve plein de choses et de gens pathétiques. Elle ne m’a jamais associée à ce mot
mais je l’ai fait toute seule. Je me suis battue avec cette idée. Suis-je pathétique ? Ma vie est-elle pathétique ? Mes velléités d’écriture sont-elles pathétiques ?
Quand j’ai pris de la distance avec elle (avec ma mère), je suis devenue beaucoup plus sereine. Et même si je
passe ma vie à n’écrire que pour moi, qu’est-ce que ça peut faire ?
C’est déjà beaucoup, écrire pour soi.
De toute façon, depuis que j’ai découvert Internet, je n’ai plus la moindre crainte. Ce n’est pas grand-chose bien
sûr, je ne m’illusionne pas. C’est pourtant tellement important pour moi ces lecteurs. J’écris, ils me lisent. Ils écrivent, je les lis. J’aime cet échange.
Je sais que j’éloigne ce mot de moi. Pathétique.
Par anne veillac
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