Vendredi 17 juin 2011
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22:29
J’écris des mini nouvelles, dix à vingt lignes chacune.
Je cherche de nouvelles idées. Je regarde un objet : une boîte, un chapeau, un
stylo… Une chose toute simple peut servir d’incipit.
Mais ça ne fonctionne pas. Rien ne vient. Rien du tout.
L’inspiration vient quand je ne la cherche pas. Je suis dans un train, au parc, sur
la plage. Je vois quelqu’un. Et je bâtis un récit. Pour trouver l’inspiration, les objets ne servent à rien. J’ai besoin de personnes, d’êtres humains, en chair et en os. Mes histoires peuvent alors s’incarner.
Par anne veillac
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Mardi 7 juin 2011
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21:07
Un soir, j'avais le cafard.
J’ai ouvert mon ordinateur et commencé à écrire sur mon état, bien décidée à changer mon humeur, la métamorphoser même, croyant
à la vertu de l’écriture. Il suffirait de tapoter quelques lettres sur le clavier et pffff… Au revoir… disparue la bête toute noire.
Je me suis trompée.
J’ai juste écrit : « J’ai le cafard. Voilà. J’ai tout dit et je n’ai rien dit. Mais ça ne sert à rien que j’écrive quelque
chose dessus. Tout ce que j’écrirai, je le trouverai nul. »
Alors, je suis allée sur overblog et j’ai fait une recherche sur le mot « cafard ». J’ai trouvé des gens qui en parlaient si
bien. Au fur et à mesure que je lisais des textes, j’allais mieux.
Par anne veillac
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Jeudi 2 juin 2011
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09:36
Depuis deux semaines, je ne pense qu'à lui.
J’invente des scénarios. J’imagine nos
premiers pas ensemble, de plein de façons différentes. Le matin, je traîne au lit et j’invente encore. Quand j’attends le train, j’imagine toujours. Au travail même, je profite des instants où je
ne discute avec personne pour penser à lui. En réunion surtout, il est là, avec moi. Je ressens une pression dans ma poitrine, en permanence. J’aime cette expression : je suis tombée en
amour. J’y crois. Il est tellement dans mes pensée que notre histoire devient réelle. Je me dis juste qu’il faut que je sois patiente.
Je ne lis plus. Le soir, je préfère éteindre et retrouver mon rêve éveillé. J’ai deux
livres à finir et à rendre à la bibliothèque. Je n’arrive pas à avancer. Je n’en ai plus envie. J’ai laissé un récit au moment où il devient vraiment palpitant.
Je finis par me rendre compte que je cours après des chimères, que je me nourris
d’illusions, qu’il faut que je sorte de cet état. C’est si difficile. Je suis déçue, malheureuse, mon château de cartes est tombé d’un coup. Mais je continue à penser à lui.
Un soir, je me remets à l’écriture. J’ouvre mon ordinateur et j’avance dans un texte.
Je pense à mes mots, mes phrases, à l’effet qu’ils font. Pendant tout le temps où j’écris, je remets un pied dans la réalité. Je sors enfin de cet état de torpeur.
Par anne veillac
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Samedi 28 mai 2011
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11:27
Quand j’écris directement sur l’ordinateur, je suis beaucoup trop tolérante avec moi-même, je me contente du premier jet, je n’ai pas d’exigence avec mes
mots.
Quand j’écris avec un stylo, c’est exactement l’inverse. Je fais des essais, je barre, je recommence, je barre à nouveau. Je ne garde rien.
Par anne veillac
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Lundi 26 octobre 2009
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18:21
De retour de l’île de Groix, je me suis installée dans la cour de mon immeuble avec un cahier et un stylo. Il faisait très beau, l’été se prolongeait. J’ai écrit
sur le lieu que je venais de quitter.
J’ai écrit qu’il fallait que je me souvienne de l’émerveillement.
Ce qui me reste, maintenant, avec précision, ce n’est pas tant le sentiment que j’ai eu en découvrant l’île, ce sont les mots qui me sont venus, après.
L’émerveillement a pu rester parce que je l’ai écrit.
Par anne veillac
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