Pendant une période, j’écrivais en marchant. Je n’avais ni papier ni crayon. J’écrivais dans ma tête. Les mots s’enchaînaient. Il y avait du rythme, du sens, une petite musique à
moi.
Je m’efforçais de garder mes mots en mémoire.
Arrivée à la maison, je prenais un carnet et j’essayais d’écrire, avec un stylo cette fois.
Mais rien. Plus rien.
Aucun mot, aucune phrase n’est jamais restée.
Par anne veillac
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Dans le fond, chez moi, qu'est-ce qui fait le plus obstacle à l'écriture ?
C'est bien la lecture. Le nombre de fois où il me vient l'envie d'écrire et où
finalement j’ouvre un livre… Le soir par exemple. Les enfants sont couchés, je n’ai pas envie de regarder la télévision. Je pourrais écrire, mettre en forme ce que j’ai déjà imaginé, noter les
mots que j’ai en tête, avancer les textes que j’ai commencés. A la place, je reprends mon livre du moment.
D'autres fois, je fais le projet d'écrire et je me rends compte que j’ai une machine à laver à remplir et à mettre
en route.
*****
Pourquoi écrire ? Pour s’inventer une vie meilleure ?
Non merci.
*****
Si je n’arrive pas à écrire en ce moment, c’est que je reste trop terre à terre. Je n’arrive pas à m’oublier. Je
n’arrive pas à quitter ce monde-ci pour le monde des mots.
Pourtant, l’année dernière, j’ai écrit plein de haïkus. Je partais le matin, sur mon vélo. Je regardais autour de
moi. Je voyais un arbre, une couleur, une fenêtre. Et ces bouts de poésie me venaient à l’esprit.
C’était apaisant.
Je devrais me remettre au vélo.
Par anne veillac
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