Un jour, dans un train.
Une petite dame tricote. Elle est un peu plus vieille que moi, peut-être 5 ou 10 ans de plus. Elle a le visage tout rond. Elle ne semble avoir fait attention à
rien : ni à sa coiffure, ni à son habillement, ni à ses accessoires. Elle n’est pas débraillée ou mal coiffée. Elle est juste la plus neutre possible.
Elle est totalement absorbée par son tricot. Un travail très méticuleux. Des points très fins.
Je la regarde d’une façon un peu condescendante. Et puis je me reprends… Qu’est-ce que j’ai de mieux qu’elle ? Elle tricote, et alors ? Chacun ses
passions ou ses passe-temps… Moi, j’écris bien… C’est pareil… Je tricote les mots…
Par anne veillac
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Quand je n’écris pas sur l’écriture, j’écris, tout simplement. Des histoires. Des histoires toute courtes. Je ne peux pas dire des histoires courtes. Ça, c’est
autre chose. J’écris de toutes petites nouvelles. Est-ce cela des nouvelles instants ? Je ne sais pas.
Je suis très fière, j’en suis à 85 pages, en times new roman 12. J’ai réussi à aller jusque là.
Et puis… et puis… quelques-uns de ces petits textes ont été publiés. Oui… oui… c’est vrai. Dans une petite revue. Oh ! C’est sûr, pas dans une revue grand
public, pas encore, mais Pr’Ose va grandir. De toute façon, je n’aime pas ce qui est grand.
C’est une chose incroyable, se dire qu’on est publié et que des gens vont vous lire, sur du papier. Je sais, je ne dis rien quand je dis que c’est incroyable. Mot
galvaudé. Pourtant, je ne sais pas trop quoi dire d’autre.
Quand j’ai reçu l’enveloppe, je savais ce que c’était. Je l’ai ouverte, et j’ai trouvé un très beau magazine, avec une couverture toute douce, du papier épais et
agréable à toucher, une mise en page très agréable. Et plein d’auteurs à l’intérieur. Il n’y a pas un texte que
je n’ai pas aimé. Si différents pourtant.
C’est Emma qui c’est occupé de tout. Elle est formidable Emma. Son site est en lien, juste à droite. Il suffit de cliquer sur Pr’Ose.
Par anne veillac
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Je consulte d’autres blogs, d’autres, pas ceux que je connais déjà et que j’aime bien. J’ouvre au hasard. Je lis trois lignes. J’en ouvre un autre. J’en lis un peu
plus. Et puis je finis par tomber sur quelque chose qui me plaît vraiment. Un texte qui m’émeut, qui me parle. Il n’y en a pas tant que ça. Il va falloir que je fasse attention. Ne pas me laisser
piéger. Ne pas raconter ma vie, mes états d’âme. Ne pas m’EXPRIMER. Ecrire.
J’ai essayé plusieurs blogs maintenant. Je n’ai pas été assez patiente au début. Je trouve plusieurs choses qui me plaisent. Vraiment. Et plus je cherche, plus je
trouve. Il y a des textes formidables. Je m’étonne de tous ces mots. Ces mots qui traversent les livres et Internet maintenant. Des milliards de mots et jamais la même chose. Les combinaisons
sont infinies.
Par anne veillac
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Je suis à la maison, je n’ai rien de spécial à faire, je n’ai pas d’obligation immédiate, je n’ai pas envie de lire, il n’y a rien de tentant à la télévision. Je
pourrais écrire. Il y a alors trois cas de figure :
Soit je vais mal et je n’ai même pas le courage de m’y mettre.
Soit je vais bien et j’ai la flemme (pas envie de me coltiner aux mots). J’ai envie de garder cet état de bien-être au risque de
m’ennuyer.
Troisième cas de figure : je ne vais ni bien ni mal et je suis prête à écrire. Pour que les mots adviennent, il faut que je sois
d’en l’entre-deux.
Par anne veillac
8
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Quand j’écris, je le fais dans des cahiers ou des carnets. J’ai une place pour eux, dans un tiroir. Quelquefois, un cahier traîne sur ma table de nuit, ou sur mon
bureau, à côté de l’ordinateur. Il n’y a pas d’autre endroit possible : tiroir, table de nuit ou bureau.
Et pourtant, j’ai perdu des textes. Je les ai écrits. Je vois les mots. Je vois comment ils s’inscrivent sur la page. Mais rien… je ne les retrouve pas… Comment
est-ce possible ?
Je fais quoi ? Je mets la maison sans dessus dessous pour retrouver mes textes ? Ou bien je les réécris ?
J’ai l’impression que ce n’est pas possible. Que c’est le premier jet, le bon. Que je n’arriverai pas à les réécrire comme il faut. Que ce sera du réchauffé.
*****
La vitesse de l’écriture… c’est primordial. Si j’écris trop vite, je m’emballe, je ne structure pas, je ne rythme pas. Et je n’ai même pas envie de relire mes
pattes de mouche.
*****
Je me fixe un but :
Ecrire. Ecrire beaucoup. N’importe quoi. Me relire plus tard. Beaucoup plus tard. Quand j’ai tout oublié.
Devenir lectrice de mes propres textes.
Ne garder que ce qui se lit d’une traite, sans réfléchir. Barrer tout le reste.
Ne pas relire une deuxième fois. Ne pas donner une deuxième chance aux mots.
Irréalisable.
Est-ce seulement souhaitable ?
Par anne veillac
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